Étienne, Roi d’Angleterre

Étienne, roi d’Angleterre (1135-1154, né avant 1101). Étienne était le troisième fils du comte Étienne de Blois et de sa femme, Adèle, une fille de Guillaume le Conquérant. En 1113, Étienne avait rejoint la cour de son oncle, le roi Henri Ier d’Angleterre. Lui et son frère, le comte Théobald de Blois, sont devenus les alliés les plus fiables du roi dans la lutte d’Henri pour tenir la Normandie contre les machinations de son neveu, Guillaume Clito, et du roi Louis VI de France. Étienne fut récompensé pour sa loyauté par les honneurs d’Eye et de Lancastre, le comté de Mortain, et un splendide mariage avec Mathilde, la fille et héritière du comte Eustache III de Boulogne.

Comme le fils d’Henri Ier, Guillaume, avait péri dans le naufrage du navire Blanc en 1120, le roi nomma sa fille, l’impératrice Mathilde, veuve, comme son héritière et força les barons à prêter serment pour soutenir sa demande. Étienne a donné sa parole à ce moment-là, se livrant même à une querelle amicale avec le fils illégitime du roi, Robert de Gloucester, pour l’honneur d’être le premier à jurer.

Cependant, à la mort inattendue d’Henri en 1135, Étienne se précipita en Angleterre, où il se fit couronner roi le 22 décembre. L’un des premiers actes d’Étienne en tant que roi fut d’accorder une charte de libertés sans précédent à l’Église anglaise, garantissant les droits et la propriété ecclésiastiques et promettant de limiter les abus des fonctionnaires royaux.

Mais alors qu’Étienne s’établit en Angleterre, sa cousine, Mathilde, et son mari, le comte Geoffroy d’Anjou, envahissent la Normandie pour obtenir l’héritage de Mathilde. En outre, Étienne a immédiatement fait face à des rébellions dans l’Ouest du pays et au Pays de Galles, et aux invasions du roi David Ier d’Écosse. Pendant que Stephen se concentre sur le siège d’Exeter, il envoie des lieutenants pour s’occuper de la situation au Pays de Galles. Cette décision s’avéra être une erreur coûteuse, car leur incapacité à accomplir quoi que ce soit aliéna les seigneurs marcheurs, y compris le comte Robert de Gloucester.

Étienne commet une autre erreur cruciale en 1139, lorsqu’il arrête les évêques Roger de Salisbury, Alexandre de Lincoln et Nigel d’Ely pour trahison, aliénant l’épiscopat anglais, y compris son propre frère, l’évêque Henri de Winchester. La même année, l’impératrice envahit l’Angleterre. Pendant deux ans, les parties se sont escarmouchées sans succès, mais en février 1141, l’impératrice a vaincu l’armée royale à Lincoln et a capturé Stephen lui-même. Pendant que le roi croupissait en prison, l’impératrice Mathilde fit une entrée triomphale à Winchester, escortée par l’évêque de Winchester. Elle se rendit ensuite à Londres pour son couronnement, mais les Londoniens, se souvenant de leur relation longue et mutuellement bénéfique avec Étienne en tant que comte de Boulogne, et stimulés par les supplications de la femme d’Étienne, Matilda, se révoltèrent et chassèrent l’impératrice de leur ville. Cet événement a amené Henri de Winchester à rejoindre le parti royal. L’impératrice en colère assiège l’évêque dans son château de Winchester, mais l’armée royale, commandée par la reine Mathilde et le mercenaire flamand Guillaume d’Ypres, met en déroute ses partisans et capture Robert de Gloucester. Face à cette perte fatale, l’impératrice accepta un échange de prisonniers, le roi Étienne retrouva donc sa liberté en novembre 1141 et la situation politique redevint ce qu’elle était avant la bataille de Lincoln.

Bien que Geoffroy d’Anjou ait réussi à conquérir la Normandie en 1148, l’impasse en Angleterre a continué, avec des combats sporadiques, jusqu’à ce que Geoffrey et le fils de Mathilde, Henri Plantagenêt, envahissent en 1153. Le roi Étienne, en deuil de la mort soudaine de son fils, Eustache, et pressé par ses barons de faire la paix, accepta volontiers le traité de Winchester. L’accord lui permettait de conserver la couronne de son vivant, mais stipulait qu’à sa mort, Henri de Normandie deviendrait roi. À la mort d’Étienne en 1154, les termes du traité ont été honorés et le duc Henri a succédé au trône d’Angleterre sous le nom d’henri ii.