Le buste de Lysippe d’Alexandre le Grand

La majorité des représentations anciennes d’Alexandre le Grand montrent une jeunesse plutôt efféminée. Cependant, il existe un autre portrait qui serait une copie romaine d’un bronze réalisé par Lysippe, le sculpteur personnel d’Alexandre. Trois photos de cela, apparemment recueillies sur le Web, ont été publiées sur Twitter ce matin par @HellenisticPod ici. (Cliquez sur chaque image pour une taille plus grande).

Ces représentations très trapues ont beaucoup plus de sens pour les yeux modernes. Le jeune Alexandre avait passé toute sa vie dans l’exercice militaire et l’entraînement physique!

Que savons-nous de cet article?

L’objet est un herm, un pilier se terminant dans la tête d’un homme. Il se tient au Louvre, qui a une page dessus:

Marbre pentélique, hauteur 68 cm
Romain, Impérial (ier-IIe siècle après JC)
Inventaire : MR 405 (n° usuel Ma 436)
Localisation: Aile Sully, Rez-de-chaussée, galerie Athéna (également appelée galerie Melpomène), Salle 344
Inscription latine moderne :  » Cette effigie d’Alexandre le Grand, découverte en 1779 (dans la villa Piso) à Tivoli, a été restaurée par Joseph Nicolas Azara. »

Grâce à son inscription antique originale, cette figure peut être définitivement identifiée comme étant Alexandre le Grand, fils de Philippe II de Macédoine. Les cheveux léonins brossés du front sont caractéristiques des portraits du souverain macédonien. L’œuvre est une copie de la tête d’une œuvre de 330 av.J.–C. attribuée à Lysippe – sans doute la statue d’Alexandre avec une lance en bronze mentionnée par Plutarque (Moralie, 360 D). Le petit bronze du Louvre, Br 370, est une autre copie de la même œuvre.

Ce buste faisait partie d’une galerie d’hermès présentant des portraits d’hommes célèbres, mis au jour en 1779 lors d’une fouille à Tivoli organisée par Joseph Nicolas Azara, ambassadeur d’Espagne auprès du Saint-Siège et, plus tard, en France. Pendant un temps, ce fut le seul portrait connu d’Alexandre le Grand; la valeur et la signification du don d’Azara à Napoléon Bonaparte étaient alors considérables.

Ce buste a été gravement endommagé pendant son passage sous terre et a été largement restauré. C’est néanmoins le portrait d’Alexandre qui se rapproche le plus de l’œuvre de Lysippe, artiste grec du fourth siècle avant JC. La renommée de Lysippe est due autant à ses œuvres en bronze qu’à son statut de portraitiste officiel d’Alexandre. Des sources contemporaines nous disent que le souverain n’a autorisé que trois de ces artistes: le sculpteur Lysippe, le graveur Pyrgotèle et le peintre Apelles.

Aucune trace directe de l’œuvre de Lysippe ne nous est parvenue. La plupart des statues antiques en bronze ont disparu il y a longtemps, et ne sont connues que par de petites copies en bronze ou des versions romaines en marbre. L’Azara Herm et le bronze Br 370 sont des copies du même original, créé par Lysippe vers 330 av. J.-C.

E. Michon,  » L’hermès d’Alexandre dit hermès Azara « , in Revue archéologique,Ve série, t. VII, janv-juin 1906, p. 79-110. (JSTOR) …

Lorsque nous lisons de telles déclarations selon lesquelles une sculpture est une copie romaine d’un bronze perdu de Lysippe, nous devons toujours nous demander comment cela est connu. Y a-t-il une déclaration sur le point pour le justifier? L’article de Michon dit:

La négation, cependant, est ici presque que l’affirmation, alors que nous savons de de Lysippe, portraitiste officiel du roi, les portraits étaient nombreux. Mais discuter si l’hermès Azara remonte ou ne remonte pas à Lysippe serait représenter toute l’iconographie d’Alexandre. Il y aurait la reproduction et la comparaison d’une multitude d’oeuvres et nous ne pouvons ni ne voulons le tenter ici.

La négation, cependant, est ici presque comme l’affirmation, puisque l’on sait que les portraits de Lysippe, portraitiste officiel du roi, étaient nombreux. Mais discuter si l’Azara Herm remonte ou non à Lysippe reviendrait à revoir toute l’iconographie d’Alexandre. Cela nécessiterait la reproduction et la comparaison d’une multitude d’œuvres et nous ne pouvons et ne voulons pas tenter cela ici.

On apprend que le nez et les deux lèvres sont des restaurations modernes. Il a été question de savoir si l’inscription plutôt endommagée « ΑΛΕΧΑΝΔΡΟΣ ΦΙΛΙΠΠΟΥ ΜΑΚΕΔ… » (Alexandre, fils de Philippe, macédonien) est en fait ancienne: un autre des bustes, que l’on pense être Phérécyde, a acquis une nouvelle inscription grecque soignée l’identifiant comme telle quelque temps après sa découverte. Mais Michon considère que c’est le cas. Le herm a été trouvé par Azara dans le cadre d’une collection de 17 têtes de philosophes et de poètes, avec une statue complète censée être de Britannicus mais en fait un jeune Bacchus. Il porte l’inscription moderne « ALEX M SIGNVM IN TIBURTINO PISONVM EFFOSVM ANNO M DCC LXXIX IOS. NIC. REPOS D’AZARA. C. « 

Tout de même, il aurait été bien d’avoir une idée pourquoi nous devrions attribuer cet objet à Lysippe!